Le socle religieux de l'esclavage
Dans les textes fondateurs de l'islam, l'esclavage est légitimé, mais pas encouragé. Affranchir un esclave est considéré par le Coran comme une œuvre de bienfaisance, récompensée par Dieu. Les Hadîth, le recueil des faits et gestes du Prophète, avertissent les maîtres qui maltraitent leurs esclaves qu'ils n'entreront pas au Paradis. De plus, asservir d'autres musulmans est interdit. À partir de ce socle religieux, les juristes des mondes musulmans vont chercher à encadrer la vente et l'achat d'esclaves par des actes notariés, qui combattent les situations d'illégalité.
Se pose la question de la pertinence de la notion de "monde musulman" pour aborder l'esclavage dans le champ historique. "Les mêmes normes se sont appliquées du Maroc jusqu'au sous-continent indien. Le problème, c'est qu'elles ne sont pas appliquées de la même manière partout", met en lumière l'historien M'hamed Oualdi. "La notion de 'monde musulman' est utile,