L'apéro du vendredi soir.
Certains moments de vie, par leur simple régularité, acquièrent une saveur particulière et quasiment sacrée. Des instants qui, sans prévenir, se hissent au sommet de l'échelle de nos petits bonheurs hebdomadaires. Chez nous, cet instant, c'est l'apéro du vendredi soir. Un rituel, un véritable kif de la semaine qui, pour rien au monde, ne serait manqué. C'est le phare qui brille au bout du tunnel des jours ouvrés.
Ce n'est pas qu'un simple verre dégusté et quelques gâteaux salés, loin de là. Cet apéro est bien plus que la somme de ces ingrédients. Il est la ligne d'arrivée d'une course effrénée de cinq jours.
Cinq jours de tumulte, de réveils matinaux au son parfois brutal, de listes de tâches à rallonge, de réunions enchaînées, de devoirs surveillés, de repas préparés à la hâte entre deux activités. De la vie qui va vite, trop vite, comme un train lancé à pleine vitesse dont on aurait oublié comment actionner le frein.