C'est la fonction dont on parle le plus et que l'on décrit le moins. Chacun a un avis sur le président de la
République ; presque personne ne saurait dire ce qu'il peut faire seul, ce qu'il ne peut faire qu'avec
l'accord d'un autre, et ce qu'il ne peut pas faire du tout.
Qui peut être candidat, et qu'est-ce qui filtre réellement les candidatures ? Que dit la Constitution, et
que dit-elle qu'on ne lui fait jamais dire ? Qui contrôle le chef de l'État pendant son mandat ? Que
devient-il après ? Et combien coûte-t-il vraiment ?
En treize chapitres courts et sans jargon, textes officiels à l'appui (Constitution, Légifrance, Conseil
constitutionnel, Cour des comptes, annexe « Pouvoirs publics »), ce livre passe chaque idée reçue au
crible. On y découvre que la Constitution ne permet pas de révoquer un Premier ministre, elle exige
une démission ; que le « domaine réservé » n'y figure nulle part et fut forgé en 1959 lors d'un congrès
de parti ; qu'il n'existe aucun veto présidentiel en droit français ; et que le statut matériel des anciens
présidents a reposé trente et un ans sur une lettre jamais publiée au Journal officiel.
On y trouve surtout une constante. Depuis 1958, chaque révision touchant à cette fonction a été
présentée comme un rééquilibrage au profit du Parlement, et toutes ont été adoptées. Pendant que le
droit écrit se resserrait, la place réelle de la fonction n'a pas cessé de croître.
Une fonction décrite, jamais un titulaire jugé : aucune personne vivante n'est citée dans ces pages.