Naître et vivre en plein bocage normand dans les années soixante n'avait rien de désolant ni d'excitant. À cette époque, je ne me posais d'ailleurs pas la question. Je ne connaissais rien d'autre que mon petit patelin. La télévision faisait lentement son apparition dans les foyers et le téléphone était encore largement un appareil qui suscitait notre curiosité ou notre amusement. La rue était notre terrain de jeu préféré, c'est là que nous passions une bonne partie de notre temps. C'est là que nous empruntions aux grandes personnes leur attitude, leur comportement et leur langage.